Une phrase peut être constituée d’un seul groupe verbal ou de plusieurs. Lorsqu’elle contient une seule proposition, on parle de phrase simple. Lorsqu’elle contient plusieurs propositions, on parle de phrase complexe.
Comprendre la phrase complexe permet de mieux analyser la structure des phrases, de comprendre les relations entre les idées et d’améliorer la qualité de l’expression écrite et orale.
La phrase simple contient généralement un seul verbe conjugué et correspond à une seule proposition.
Exemple :
L’étudiant travaille.
Le verbe conjugué est travaille. La phrase contient donc une seule proposition.
Autre exemple :
Les étudiants révisent leur leçon.
Le verbe révisent constitue le noyau de la proposition.
La phrase complexe contient au moins deux propositions. Elle comporte généralement plusieurs verbes conjugués.
Exemple :
L’étudiant travaille parce qu’il prépare son examen.
Cette phrase contient deux verbes conjugués : travaille et prépare.
Elle comporte donc deux propositions :
L’étudiant travaille.
Il prépare son examen.
Les deux propositions sont réunies pour former une phrase complexe.
Une proposition est un groupe de mots organisé autour d’un verbe, généralement conjugué.
Dans la phrase :
Le professeur explique la leçon.
on trouve une seule proposition.
Dans la phrase :
Le professeur explique la leçon et les étudiants prennent des notes.
on trouve deux propositions :
Le professeur explique la leçon.
Les étudiants prennent des notes.
Une phrase complexe peut donc être constituée de plusieurs propositions qui entretiennent différentes relations.
Les propositions d’une phrase complexe peuvent être reliées de trois principales façons : la juxtaposition, la coordination et la subordination.
La juxtaposition consiste à placer deux ou plusieurs propositions l’une à côté de l’autre, sans mot de liaison. Elles sont généralement séparées par une virgule, un point-virgule ou deux-points.
Exemple :
Il pleut, nous restons à la maison.
La phrase contient deux propositions :
Il pleut.
Nous restons à la maison.
Elles sont simplement séparées par une virgule : elles sont donc juxtaposées.
Autres exemples :
Le professeur entre, les étudiants se taisent.
Il a beaucoup travaillé ; il a réussi son examen.
Le cours commence : les étudiants ouvrent leurs cahiers.
La coordination consiste à relier deux propositions à l’aide d’une conjonction de coordination.
Les principales conjonctions de coordination sont :
mais, ou, et, donc, or, ni, car.
On peut les retenir grâce à la formule :
Mais où est donc Ornicar ?
Exemple :
L’étudiant travaille et il prépare son examen.
Les deux propositions sont reliées par la conjonction et.
Autres exemples :
Il est fatigué, mais il continue à travailler.
Tu peux travailler maintenant ou tu peux attendre.
Elle révise car elle a un examen demain.
Les propositions reliées par une conjonction de coordination sont appelées propositions coordonnées.
La subordination établit une relation de dépendance entre deux propositions. L’une est généralement appelée proposition principale, tandis que l’autre est appelée proposition subordonnée.
Exemple :
Je reste à la maison parce qu’il pleut.
On distingue :
La proposition subordonnée dépend de la proposition principale et apporte une information complémentaire.
Il existe plusieurs types de propositions subordonnées. Les plus importantes sont les subordonnées complétives, relatives, circonstancielles et interrogatives indirectes.
La proposition subordonnée complétive complète généralement un verbe. Elle est souvent introduite par que.
Exemple :
Je pense que cet étudiant a compris la leçon.
La proposition que cet étudiant a compris la leçon complète le verbe pense.
On peut poser la question :
Je pense quoi ?
→ que cet étudiant a compris la leçon.
Autres exemples :
Je crois qu’il viendra demain.
Le professeur affirme que les étudiants ont progressé.
Nous savons que cette règle est importante.
La proposition subordonnée relative complète généralement un nom ou un groupe nominal appelé antécédent.
Elle est introduite par un pronom relatif, comme : qui, que, dont, où, lequel, laquelle, lesquels, lesquelles.
Exemple :
L’étudiant qui travaille régulièrement réussira.
Le nom étudiant est l’antécédent. La proposition qui travaille régulièrement est une proposition subordonnée relative.
Le pronom relatif qui reprend le nom étudiant.
Autres exemples :
Le livre que tu lis est intéressant.
Voici la salle où nous avons travaillé.
C’est un auteur dont les travaux sont connus.
La proposition subordonnée circonstancielle apporte une information sur les circonstances de l’action. Elle peut exprimer notamment le temps, la cause, la conséquence, le but, la condition, l’opposition ou la concession.
Elle indique le moment où se déroule l’action.
Exemple :
Lorsque le cours commence, les étudiants ouvrent leurs cahiers.
La proposition Lorsque le cours commence indique le moment où les étudiants ouvrent leurs cahiers.
Autres mots introducteurs : quand, lorsque, pendant que, avant que, après que, dès que, tandis que.
Elle indique la raison d’une action.
Exemple :
Les étudiants sont absents parce qu’ils sont malades.
La proposition parce qu’ils sont malades indique la cause de leur absence.
On peut également utiliser : puisque, comme, étant donné que.
Elle exprime le résultat d’une action.
Exemple :
Il a beaucoup travaillé, si bien qu’il a réussi son examen.
La réussite à l’examen est la conséquence du travail effectué.
On peut également utiliser : de sorte que, tellement que, si… que, tant… que.
Elle indique l’objectif recherché.
Exemple :
Le professeur explique clairement la règle afin que les étudiants la comprennent.
La proposition afin que les étudiants la comprennent indique le but de l’action.
On utilise notamment : pour que, afin que, de peur que, de crainte que.
Elle exprime une condition nécessaire à la réalisation d’une action.
Exemple :
Si tu travailles régulièrement, tu progresseras.
La proposition Si tu travailles régulièrement exprime la condition.
On peut également utiliser : à condition que, à moins que, pourvu que.
Attention : après si exprimant une condition, on n’emploie généralement pas le futur dans la proposition subordonnée.
On dit :
Si tu travailles, tu réussiras.
et non :
Si tu travailleras, tu réussiras.
Elle permet de mettre en relation deux faits qui présentent une opposition ou une contradiction apparente.
Exemple :
Bien qu’il soit fatigué, il continue à travailler.
La proposition Bien qu’il soit fatigué exprime une concession.
On peut également utiliser : quoique, même si, alors que, tandis que.
La proposition interrogative indirecte permet de rapporter une question sans utiliser directement la forme interrogative.
Question directe :
Où habite-t-il ?
Question indirecte :
Je ne sais pas où il habite.
La proposition où il habite est une proposition subordonnée interrogative indirecte.
Autres exemples :
Je me demande s’il viendra demain.
Je ne sais pas pourquoi elle est absente.
Nous ignorons quand le cours commencera.
Pour analyser une phrase complexe, il est possible de suivre plusieurs étapes.
Première étape : repérer les verbes conjugués.
Exemple :
Lorsque le professeur entre, les étudiants se lèvent et ils commencent le travail.
Les verbes conjugués sont : entre, se lèvent, commencent.
La phrase contient donc trois propositions.
Deuxième étape : découper la phrase en propositions.
Lorsque le professeur entre / les étudiants se lèvent / et ils commencent le travail.
Troisième étape : repérer les mots de liaison.
Quatrième étape : identifier la nature de chaque proposition.
Lorsque le professeur entre → subordonnée circonstancielle de temps.
Les étudiants se lèvent → proposition principale.
Et ils commencent le travail → proposition coordonnée.
La phrase simple contient une seule proposition, tandis que la phrase complexe contient plusieurs propositions.
Les propositions peuvent être reliées par :
La juxtaposition :
Il pleut, je reste chez moi.
La coordination :
Il pleut mais je sors.
La subordination :
Je reste chez moi parce qu’il pleut.
Parmi les propositions subordonnées, on distingue notamment :
La maîtrise de la phrase complexe est essentielle pour comprendre la syntaxe française et construire des phrases plus précises et plus riches. En identifiant les différentes propositions et les relations qui les unissent, il devient plus facile d’analyser la structure d’une phrase et d’améliorer son expression en français.
